Clin d'oeil à l'univers du peintre Guiseppe Arcimboldo

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Christine Noureux

Diététicienne - Nutritionniste

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"C’ est simple : je me suis sous-alimenté. Dans ces conditions glaciales, je dois absolument conserver une bonne température corporelle. Il n’y a qu’une chose à faire : manger. Que ce soità l’intérieur de mon sac ou en travaillant à l’extérieur, j’ai remarqué que le refroidissement et la faim arrivent presque simultanément. Quand le froid me tombe dessus, même à l’intérieur du sac, même en me couvrant plus, j’ai froid. Le froid « de l’intérieur ». Et contre celui-ci, le meilleur sac de couchage au monde ne fera rien. Il faut donner du carburant à la machine… Une fois que le repas est englouti, que le réservoir est plein, l’effet est immédiat. En me mettant à nouveau dans le sac, je suis envahi par une vague de chaleur extrêmement agréable qui, le plus souvent me conduit au sommeil."

 

 

     Extrait du Journal de bord arctique de STEPHANE LEVIN « Seul dans la nuit polaire »

 

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"Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes – et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot – s’étaient abolies, ou ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir."

 

 

         Morceau choisi du roman de MARCEL PROUST « Du côté de chez Swann »

 

 

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